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16, 24, 32, 64, je ne sais plus ou j’ha-bit !

Dans cet article nous allons tenter de répondre à une question que beaucoup de musiciens se sont posés au moins une fois dans leur carrière : à quoi correspondent ces fameux bits qu’on nous rabâche à longueur de journée dans le domaine de l’audio numérique ? Des fichiers 16 ou 24 bits peuvent-ils être lus par un séquenceur vendu comme 32 bits ? Ma musique sonnera-t-elle mieux dans un logiciel 64 bits ?

Des interrogations qui naissent d’une confusion toute simple : le terme bit ne veux pas dire la même chose selon le domaine dans lequel on l’utilise !

Par soucis de simplicité, on évoquera ici deux types de bit nous intéressant dans le domaine du son : les bits audio, et les bits informatiques.

Avant de détailler ces deux terminologies, commençons par expliquer de manière succincte ce qu’est un bit.

Un bit (à ne pas confondre avec un byte ou octet, qui est un ensemble de 8 bits, bref) est la plus petite unité de mesure en informatique, et plus précisément dans le système binaire. Pour résumer, un bit est un chiffre binaire, c’est à dire 0 ou 1.

Les bits audio :

Si on prend l’exemple d’un son analogique enregistré en qualité cd, c’est-à-dire une résolution de 16 bits/44,1 Khz, le convertisseur va mesurer l’intensité du son 44100 fois par seconde, et va enregistrer une suite de 16 bits pour chacune de ces mesures (une combinaison de 0 et de 1, ex : 0100111001100101).

Si on se rappelle la définition du bit, avec 1 bit on peut compter jusqu’à 2 (0 ou 1), avec 2 bits on compte jusqu’à 4, avec 3 jusqu’à 8, 4 jusqu’à 16, 5 jusqu’à 32, 6 jusqu’à 64, 7 jusqu’à 128, 8 jusqu’à 256, . . . et avec 16 bits, on peut donc compter jusqu’à 65 536 !

Cela s’appelle la profondeur d’échantillonnage (bit depth en anglais) et cela signifie qu’en 16 bits, le convertisseur peut distinguer 65 536 niveaux de volume différents dans chacun des 44100 échantillons de son qu’il traite par seconde.

En audio, le bit sert donc à déterminer la plage dynamique d’un fichier, sachant qu’en 16 bits on dispose d’une plage de 96 db et qu’en 24 bits on dispose de 144db.

La quantité de bits déterminés à l’échantillonnage est donc déterminante pour la qualité de l’enregistrement réalisé, mais il ne faut surtout pas le confondre avec les bits informatiques comme nous allons le voir dans la prochaine partie.

Les bits informatiques :

L’ordinateur n’est ni plus ni moins qu’une grosse calculatrice très perfectionnée.

Il passe son temps à faire de gros calculs mathématiques, et de ces opérations va découler une couleur, une icône, un affichage complet, ou dans notre cas le traitement d’un son.

Durant la plupart des opérations, l’ordinateur se retrouve en présence de nombres non entiers, avec de nombreuses décimales, et sera donc contraint d’arrondir le chiffre de manière plus ou moins réussie, et selon la manière dont le logiciel ordonne au processeur de le faire.

Il est donc très important d’avoir un nombre de bits élevé pour permettre d’effectuer le moins d’arrondis possible (ou des arrondis plus insignifiants), et donc d’avoir un traitement du son plus précis.

En informatique, le bit sert donc à déterminer la précision de calcul d’un logiciel, c’est d’ailleurs la raison qui a poussé la plupart des éditeurs de logiciels de MAO à basculer de 32 bits à 64 bits.

En plus de la puissance de calcul, le 64 bits a l’énorme avantage de pouvoir gérer potentiellement jusqu’à plus de 16 millions de To de mémoire vive contre seulement 4 Go pour le 32 bits !!!

Ainsi, l’arrivée du 64 bits est plus que bienvenue compte tenu de la consommation de RAM de plus en plus élevée de certaines banques de sons virtuels, d’autant plus que les séquenceurs 64 bits tels que Cubase, Nuendo, ou encore Logic Pro sont également compatibles avec des plug-ins 32 bits.

 

A bientôt chez Sismic !