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Les secrets d’une prise de son parfaite #3

 

Suite à notre article sur la chaîne du son, et maintenant que vous avez pu vous équiper avec des matériels cohérents, vous avez été nombreux à nous demander quelles étaient les astuces à mettre en place pour réussir à coup sur une bonne prise de son.

Suivez le guide ! (3/4)  >  Le Placement du Micro
Voici en quatre chapitres, les techniques indispensables pour réussir une prise de son parfaite !

Quand une prise ne sonne pas bien, le premier réflexe qu’on va avoir, va être de toucher à l’égalisation . . . ERREUR !
Si le son ne vous plait pas, avant de le traiter ou même de changer l’instrument, les trois facteurs les plus importants pour avoir le bon son, vont être le placement des micros, le placement des micros, et le placement des micros !

ViolonPour trouver la meilleure position, encore et encore, il faut faire preuve d’un bon sens à toute épreuve : servez vous de vos oreilles !

Equipez vous de vos deux appareils auditifs préférés et baladez vous devant, derrière, sur les cotés, au dessus, dessous, partout autour de l’instrument que vous allez enregistrer, jusqu’à trouver ce fameux « sweet spot », cet endroit magique ou ça sonne comme ça doit sonner (si ça ne sonne nulle part, relire les deux chapitres précédents !!).

Et pour être encore plus précis et logique, voici trois techniques très pratique pour trouver ce sweet spot plus facilement en tournant autour de l’instrument :

– pour placer correctement un micro omnidirectionnel, couvrez une de vos oreilles et écoutez uniquement avec l’autre

OmniDir

– pour un micro cardioide, couvrez toujours une de vos oreilles et mettez votre autre main en forme de demi cercle derrière l’autre oreille qui va écouter

Cardioide

– pour une prise stéréo avec une paire de micros cardioides, mettez vos mains en forme de demi cercle derrière vos deux oreilles

Stereo

– pour une prise stéréo avec une paire de micros omnidirectionnels, ne touchez à rien vous êtes équipés d’origine !

Alors certes, on à l’air un peu couillon quand on s’exécute, mais le but est évidemment d’entendre exactement ce que la polarité du micro va permettre d’enregistrer.

Si vous n’êtes toujours pas satisfait, ne virez pas tout de suite le musicien et ne déménagez pas non plus, il reste une autre alternative : changer le placement de l’instrument dans la pièce.
A part si vous possédez une chambre anéchoique comme celle de l’ircam, une bonne pièce d’enregistrement est une pièce vivante et il y a de grande chance pour que l’instrument sonne mieux à un endroit donné de la pièce qu’à un autre.

Timbales

Une autre erreur très souvent commise concernant le placement d’un micro, est qu’il faut le coller le plus possible à la source sonore pour n’avoir que le son de proximité.
En fin de compte, la prise de proximité à pour but au départ d’éviter la repisse (le son de l’instrument X va repisser/baver dans le micro de l’instrument Y par exemple).

Violon
Mais dans tous les cas il faut mieux laisser une distance minimum entre le micro et la source pour laisser au son, le temps de se développer naturellement dans l’air.
Dans le cas d’une grosse caisse, coller le micro contre la peau (intérieure ou extérieure) va donner un son avec beaucoup d’attaque mais peu de basses, alors que les fréquences basses mettent du temps à se développer et sont à leur paroxysme à environ 1 mètre de la grosse caisse (pour trouver ce placement il suffit d’avancer sa main devant la grosse caisse jusqu’à sentir la vague d’air).

Drums
Dans le cas d’une voix, il sera préférable de laisser un espace équivalent à une « main ouverte » entre le micro et la bouche du chanteur.
A part évidemment si vous cherchez ce fameux effet de proximité « Larger than life » auquel cas collez la bouche du chanteur au micro !

Mais qu’est ce que le « larger than life » me demanderez vous ?
Larger than life (qu’on pourrait traduire par « plus gros que dans la vraie vie ») c’est un peu comme quand au cinéma le moindre bruit de pas, de porte ou de manipulation est aussi fort, et a autant d’importance qu’une explosion nucléaire !
Pour appliquer ce principe, il suffit d’enregistrer très très proche un son très très très faible (plus même que le niveau sonore final sur lequel le son sera écouté) et après mettre ce son à un niveau normal dans un mix.
Dans ce sens, essayez d’enregistrer un son de guitare en collant un micro à un tout petit ampli, le résultat est garanti !!

Mais revenons à nos placements !
L’axe dans lequel est placé le micro est aussi très important.

Capture d’écran 2013-12-18 à 15.38.54
Par exemple pourquoi mettre un micro pile poil en face d’un chanteur alors qu’on va se retrouver avec une accentuation des plosives (les fameux pop) et se retrouver obligé de mettre un anti-pop qui va forcément modifier le son capté par le micro ?

Il est plus facile et logique de placer le micro légèrement en dehors de l’axe du souffle du chanteur à l’origine des plosives (vers le haut ou vers le bas).

Ibanez
Et avez vous déjà essayé d’enregistrer un ampli guitare avec deux micros dont un qui est désaxé par rapport au premier ?

Pour finir, rappelez vous une chose : une erreur trop souvent commise est de placer un micro à la vue.

La meilleure position ne peut pas être devinée, elle doit être trouvée.