8 + 8 = 1 / Les sommateurs

Comme nous avons pu le voir dans un précédent article, l’ordinateur est une grosse calculatrice qui a la fâcheuse tendance d’arrondir les chiffres pour donner une approximation du rendu final.

C’est un phénomène auquel on s’est tous confronté, et qui se traduit par une perte de dynamique et de spacialisation sur la réduction stéréo finale, notamment sur des projets comprenant beaucoup de pistes, la somme de celles-ci étant souvent mal « calculée » par le logiciel.

Un mixage numérique tout en interne dans un ordinateur (« in the box » en anglais) est donc fortement déconseillé et il est préférable de déléguer la sommation des pistes à un matériel analogique.

Effectivement en analogique il n’y a pas d’approximation quand une table de mixage va sommer, c’est à dire faire la somme de tous les signaux électriques de toutes les pistes.

Le problème lorsqu’on mixe avec une table analogique c’est qu’on perd la souplesse de travail qu’on peut avoir en numérique, notamment pour la partie automation (impossible à part sur des tables de type SSL hors de prix) et surtout sur la partie sauvegarde des réglages (imaginez par exemple le cauchemar que représente la prise de notes de tous les réglages de tous les potentiomètres d’une table de mixage 48 pistes puis de les rappeler à chaque changement de projet…).

Heureusement il existe un appareil qui résout toutes ces problématiques : le sommateur.

Sommateur Tubetech SSA2B

Le sommateur n’est ni plus ni moins qu’une table de mixage rackable à laquelle on aurait retiré les préamplis, les égalisations les compressions et les volumes, en bref qui va uniquement assurer la sommation de tous les signaux qu’on va lui envoyer en assurant un traitement du signal le plus pur possible.

Un sommateur s’accompagne donc obligatoirement pour la partie informatique d’une carte son ou d’un convertisseur possédant autant de sorties qu’il y a d’entrées sur le sommateur pour pouvoir « éclater » le mixage de l’ordinateur dans le sommateur (comme on aurait pu le faire dans une table de mixage).

Dans ce sens nous conseillons d’investir au minimum dans un sommateur comprenant 16 canaux mono pour avoir le moins possible à solliciter l’ordinateur pour la sommation en groupant des pistes dans le logiciel.

Face arrière du Tubetech SSA2B avec ses 16 entrées et 2 sorties … tout simplement !

Intégrer un sommateur dans une chaîne de son est donc très transparent en terme d’ergonomie de travail, sachant qu’on continue à mixer dans son logiciel en numérique avec toutes les facilités que cela apporte, tout en écoutant et en enregistrant le son qui sort du sommateur.

Parmis les plus connus on citera le Tubetech SSA2B, le SPL Mixdream, le Dangerous 2 Bus, ou encore le fameux SSL XRack qui à l’énorme avantage d’être modulaire.

Dangerous 2 Bus, un sommateur tout en simplicité et en transparence.

Un exemple de SSL Xrack équipé de 4 modules de sommation mais aussi de préamplis et d’égalisations.

Il existe aussi une variante du sommateur qu’on pourrait appeler la « mini table de mixage« .

Ces appareils comprennent des volumes et des panoramiques permettant d’aller plus loin en terme de mixage qu’avec un sommateur « standard ».

Chez Sismic nous avons eu la chance de travailler pendant près de 3 ans avec un des modèles les plus connus de ce type pour sa couleur et son coté « fat » : le Chandler Mini Mixer.

Chandler Mini Mixer avec son look vintage inspiré des tables EMI.

 

Deux autres modèles très connus : le Manley 8-8×2 et le Neve 8816.

Manley 8-8×2 (entièrement à lampes)

Neve 8816 et sa télécommande.

 

Pour terminer, une dédicace à Laurent Faure, un très bon ami ingénieur du son, qui est en train de se faire fabriquer sur mesure un sommateur à base exclusivement de pièces de Neve 1073.

Préampli de légende, ce sont les transfos d’entrée de la marque Marinair, et l’électronique class A qui ont fait du 1073 un “must have” dans dans le milieu du son.

Pour info les pièces ont été “chinées” depuis près de 3 ans sur Ebay et autre supermarché du composant vintage !

Bravo pour cette machine d’exception !

A bientôt chez Sismic !